zoothérapeute

Sécuritaire la zoothérapie ?


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C’est la question que se posent plusieurs personnes qui, un jour ou l’autre, entendent parler de la zoothérapie. Et d’autant plus si elles sont directement ou indirectement touchées par cette approche. Car, des risques, il y en a. Mais il y a aussi toute une série de mesures pour les prévenir, ainsi que des règles d’éthique et de déontologie pour encadrer cette pratique.

Lorsque l’on comprend les bénéfices possibles de la zoothérapie, il est tout naturel de se questionner sur les risques qui peuvent être encourus et les moyens pris par l’intervenant en zoothérapie pour les prévenir et les gérer.



En effet, on ne peut négliger les risques de blessures, de morsures, d’allergies, de comportements agressifs, de zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’humain et vice-versa), d’attachement entre le client et l’animal, etc. On pense beaucoup au client quand on parle de tels risques, mais ceux-ci s’appliquent également à l’intervenant en zoothérapie ainsi qu’à l’animal partenaire.

L’intervenant en zoothérapie doit mettre en place un cadre garantissant une certaine sécurité pour tous dans sa pratique. Ceci comprend, entre autres, la compétence et la formation de l’intervenant et de son animal partenaire, les assurances de responsabilité civile et professionnelle, un protocole en cas d’incident ou d’accident, la sélection des participants, la sécurité des milieux où est pratiquée la zoothérapie, un code d’éthique.



Il est primordial que l’intervenant connaisse très bien son animal partenaire; qu’il reconnaisse ses signaux de stress et d’apaisement; qu’il comprenne ce que l’animal lui transmet comme message; qu’il puisse prédire ses comportements. Ainsi, bien des situations fâcheuses peuvent être évitées. Concrètement, cela signifie que l’intervenant choisit avec soin son animal partenaire en s’assurant qu’il est socialisé, équilibré et mature. L’animal est suivi de près par son vétérinaire et il a reçu tous les vaccins. Il est propre et sa présentation est soignée. Bref, l’intervenant doit s’assurer que son animal partenaire est en bon état de santé physique et psychologique. C’est sa responsabilité d’être prévenant quant aux besoins de son animal et de le préserver des risques. C’est aussi la responsabilité de l’intervenant d’établir clairement, auprès de l’établissement pour lequel il travaille, son protocole de gestion de risques et de l’arrimer avec ce qui se fait dans l’établissement, par exemple la marche à suivre en cas d’incident. Il doit intervenir dans le respect de la philosophie, des valeurs et des règles d’éthique de l’établissement.



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De plus, il doit mettre en œuvre les mesures nécessaires, en éduquant et en informant le personnel et la clientèle du milieu, pour que sa propre approche soit respectée dans sa globalité (règles de sécurité par rapport à l’animal, respect des limites du contrat, etc.). L’important est de se souvenir qu’il faut trouver l’équilibre acceptable pour chacun entre risques et sécurité. Car un risque bien géré est propice à l’ouverture, aux changements et à la croissance pour chacun des acteurs.


Il faut noter que la profession de zoothérapeute, ou plutôt d’intervenant en zoothérapie, n’est pas un titre protégé, elle n’est régie par aucun ordre professionnel ni aucune association. Plusieurs écoles privées offrent une formation en zoothérapie. Une seule formation au Québec est reconnue par le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, il s’agit de l’attestation d’études collégiales (AEC) Stratégies d’interventions en zoothérapie offerte par le Cégep de La Pocatière .

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La zoothérapie est souvent pratiquée par des professionnels en relation d’aide qui ont ajouté la zoothérapie à leur champ de compétences en suivant une formation, d’où l’importance de s’assurer et de bien vérifier la formation de base de l’intervenant et voir s’il appartient déjà à un ordre professionnel (ex. : ordre professionnel des travailleurs sociaux, psychologues, ergothérapeutes, physiothérapeutes) ou à une association (ex. : éducateurs spécialisés) dans le domaine de la relation d’aide. Dans ce cas, sa pratique est régie préalablement par son ordre professionnel ou son association. Ce qui signifie que sa pratique est balisée par un code d’éthique et de déontologie qui agit dans un cadre légal et qu’il possède des assurances de responsabilité civile et professionnelle.

Ainsi, il est tenu à la confidentialité et au secret professionnel. De plus, certains intervenants en zoothérapie ont mis sur pied leur propre code de déontologie pour leur entreprise. Dans tous les cas, les intervenants en zoothérapie doivent respecter le code de déontologie de l’établissement où ils offrent leurs services. Également, lorsqu’on parle de zoothérapie, on parle bien sûr d’animaux. En tout temps, l’intervenant doit tenir compte des considérations éthiques envers son animal partenaire.

L’intervenant en zoothérapie ne veut pas d’un animal-robot. Il veut un animal qui a de vrais comportements animaliers naturels, ce que l’on appelle l’autodétermination, car c’est cela qui permet d’être vraiment aidant avec une personne en besoin. L’intervenant en zoothérapie vise une collaboration réelle, une inclusion de tous les acteurs dans la relation et pour cela, le rôle et la considération de l’animal ne doivent pas être de second ordre.

Dans les faits, ces considérations éthiques envers l’animal peuvent se manifester de différentes façons, en voici quelques exemples : un suivi vétérinaire régulier, l’animal partenaire ne doit pas présenter de douleurs ni de blessures, il doit prendre des pauses, il doit être respecté dans ses décisions, il doit être protégé de l’abus ou du danger lié à la clientèle, etc. L’animal est un être sensible et intelligent, il doit être considéré comme tel tant par l’intervenant que par les clients. C’est le travail de l’intervenant d’éduquer sa clientèle au respect de l’animal. Bref, l’animal doit aussi y trouver son compte, c’est un partenaire, ne l’oublions pas!



Source: Tous ces textes sont tirés de La zoothérapie, sous tous ses poils, dont les auteurs sont Marie-Ève Bernier, Nathalie Beaudin, Maryse Perreault, Joannie Bouliane-Blais, Caroline Charron-Laporte, 2011 – Tous droits réservés ©

La zoothérapie cette inconnue

Les relations humain-animal font partie de la réalité humaine depuis des millénaires, de la Grèce antique au Moyen Âge, du York Retreat d’Angleterre (1792) aux établissements américains (1919 et 1972), des études de Boris Levinson dans les années 50 à nos jours… comment conçoit-on aujourd’hui cette relation humain-animal dans un cadre de relation d’aide, telle que nous l’apporte la zoothérapie?


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La zoothérapie, née des études de Boris Levinson dans les années 50 et telle que nous la connaissons aujourd’hui, s’inscrit désormais au Québec parmi les sources de relation d’aide accessibles à toute personne en besoin. Elle repose particulièrement sur une triade composée de la présence de la personne ayant un besoin et en recherche d’aide, de l’intervenant en zoothérapie et de l’animal sélectionné à cet effet. De plus, divers savoirs sont requis pour mettre en place une telle triade, soit des connaissances particulières en relation d’aide et en relation animalière, un savoir-être, d’ailleurs essentiel à tout intervenant œuvrant en relation d’aide, et un savoir-faire particulier permettant à l’intervenant d’agir en triade vers les objectifs fixés.



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Dans le contexte offert par la zoothérapie, cette triade devient un espace protégé, sécuritaire et sécurisant. L’humain à travers l’animal présent parlera de soi, se dévoilera, s’affirmera et se livrera dans ses interactions avec l’animal, en fonction de sa perception de l’animal et de son rapport à ce dernier. Il créera des liens et développera une relation avec cet animal. Il prendra contact avec l’autre dans ce qu’il a de similaire. Au même moment, cet animal sélectionné saura refléter par son comportement ou sa réaction spontanée, ces émotions qui habitent l’humain face à lui.



Appuyé par l’intervenant en zoothérapie, dans ce processus dont l’animal fait partie intégrante, l’humain apprendra sur lui-même, amorcera un changement vers l’atteinte d’objectifs précis établis au préalable, pour éventuellement généraliser ses nouveaux acquis à une expérience réelle dans son milieu de vie.



Pour ainsi dire, la présence de l’intervenant est essentielle. Cette personne formée en zoothérapie ajoute la dimension animalière à son intervention. En collaboration avec un professionnel du monde médical, elle saura adapter et réaliser l’intervention en ajoutant la dimension animalière à la thérapie. Elle a un rôle précis en intervention : lire la réaction de l’animal et l’interpréter en fonction de la difficulté de la personne en besoin. Son rôle en est aussi un de soutien visant à aider le client à trouver en lui les moyens ou les solutions pour d’abord gérer relation avec l’animal, ou encore répondre à ce dernier de façon adéquate, en vue d’un éventuel transfert de ses acquis relationnels vers ses relations avec l’humain dans son milieu de vie.

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Là où d’autres formes de relations d’aide n’arrivent pas à combler le besoin ou n’apportent pas de réponses suffisamment intéressantes, la zoothérapie peut aider la personne à nommer une difficulté, à l’apprivoiser et à la surmonter. Aussi, la zoothérapie s’adresse tant aux enfants en difficulté d’apprentissage qu’à l’adolescent ayant un trouble de comportement, à l’enfant ayant un trouble envahissant du développement (TED) ou un trouble d’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), à l’adulte en réhabilitation physique, en santé mentale ou auprès de la personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer, etc.

Il est important de souligner que, pour appuyer la personne en besoin au sein de la triade, en plus de l’intervenant et de l’animal, les partenaires de son milieu de vie jouent un rôle primordial. Il peut s’agir entre autres de l’équipe clinique composée du médecin, de l’infirmière, du psychologue, de l’ergothérapeute, du physiothérapeute, de l’orthophoniste et d’autres spécialistes de la santé. Se greffe aussi à cette panoplie de partenaires l’éducateur spécialisé, le professeur, le travailleur social, sans oublier le parent et tout aidant naturel, qui d’ailleurs sont les premières personnes concernées, mis à part la personne en difficulté.


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Ainsi, qu’il s’agisse d’une difficulté d’ordre affectif, social, cognitif ou physique, la zoothérapie peut aider. Elle s’exerce à l’occasion dans un cadre récréatif ou dans un cadre éducatif, et très souvent dans un cadre thérapeutique. Elle se compose d’activités assistées par l’animal (AAA) dont les bénéfices ont un impact indéniable sur la qualité de vie des participants ou de thérapies assistées par l’animal (TAA) qui se distinguent du fait qu’elles sont adaptées à la personne en besoin ou à la condition médicale de cette dernière.

Ces thérapies dirigées incluent des objectifs et des stratégies d’intervention visant l’amélioration des fonctions physiques, sociales, psychologiques, émotives et cognitives au sein d’un processus documenté. L’encadré indique toutes les nuances entre les AAA et les TAA. De plus, de par sa nature où l’interaction du client avec l’animal est encadrée, la zoothérapie se distingue de la visite animalière dont le seul but est de divertir.

De même, la zoothérapie se distingue du simple fait d’avoir chez soi une présence animale, puisque dans cette situation, aussi habile que l’animal puisse être à entrer en relation, il n’offre pas le soutien de l’intervenant aidant la personne à agir sur ses difficultés. La zoothérapie offre en fait d’autres avenues à la personne en besoin pour surmonter ses difficultés dans un cadre sécuritaire et sécurisant. Elle valorise le développement des relations humaines et du savoir-être à travers la relation humain-animal, une relation qui se veut saine, équilibrée et respectueuse.

Elle est en plein essor au Québec.

Renseignez-vous!

Il est avantageux de la découvrir et de la connaître.

Source: Tous ces textes sont tirés de La zoothérapie, sous tous ses poils, dont les auteurs sont Marie-Ève Bernier, Nathalie Beaudin, Maryse Perreault, Joannie Bouliane-Blais, Caroline Charron-Laporte, 2011 – Tous droits réservés ©

Podcast : Comment la zoothérapie vient en soutien au langage !

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C’est avec grand plaisir, toujours, que je collabore avec la clinique La boite à Paroles à titre de zoothérapeute clinique et en plus de nous offrir bon nombre de matériel gratuit et ressources toujours aussi précieuses, Stéphanie y tient également un podcast.

J’ai eu la chance de discuter de l’application de la zoothérapie, en soutien au langage, son développement, les clientèles et les retards de langage.

Bonne écoute et merci encore Stéphanie !

Grandes nouvelles : partenariat et lancement web pour les zoothérapeutes !

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ENFIN !!!! TADAM !!!!!

Je ne saurais vous dire à quel point je suis excitée et fière de vous annoncer cette collaboration de FEU !!!

Au bout du Museau, en partenariat avec Amélie G.Dupont Photographe vous offre un kit de démarrage professionnel (ou juste un update de vos photos pro et de vos partenaires) à prix riquiqui !!!

Vous obtenez 3 photos professionnelles pour 45$ 
(et 12$ pour toutes photos désirées supplémentaires).

Elle a généreusement acceptée ce deal incroyable parce qu'elle l'est, incroyable, mais également dans l'optique d'aider au démarrage de leur profession, les zoothérapeutes !

Vous dire comment se partenariat me tenait à coeur...well..c'est fait là !

Je suis fière pis tellllement admirative de son immense talent ! Je vous mets quelques exemples de ses captures...vous serez charmés je vous l'assure ! Certains l'ont déjà fait, mais allez jeter un oeil à ses comptes...c'est divin !

La 1ère journée ouverte pour ces shoots sera le 27 février 2019.

20 places uniquement sont disponibles à Montréal, pour cette première journée, je prendrai les réservations donc au premier arrivé premier servi.

Yeah !!!! Heureuse d'offrir un peu plus pour mes chers zoothérapeutes et futurs zoothérapeutes !! 


*vous trouverez tellement plus de belles inspirations en allant visiter sa page FB !



🎉🎉 rouuuuuulement de tambours.....🎉🎉

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Au bout du Museau est (pas peu) fière d'annoncer qu'elle offre désormais le service de création de site internet pour ses étudiants en démarrage d'entreprise à prix tout doux !!!

Hébergé sur Squarespace, avec une qualité hors du commun, il vous est possible d'être en fonction dès maintenant !!

Comme je n'ai que 24h dans une journée (je sais !!) vous comprendrai que je ne peux accepter toutes les demandes.

Pour 250$ vous aurez votre site web professionnel, il ne vous suffit que d'avoir vos photos et vos textes.

Perdus ? On va régler ça aussi !

Stressez pas !!!

Pour références, vous pouvez voir mon site internet www.auboutdumuseau.com ou encore celui de la ferme www.fermedadado.com

Vous pouvez me contacter en privé si vous avez des questions précises

Pis oui...le Ebook est en correction ahaha (oui ceux qui savent, le deal photographe et site web allaient avec le Ebook mais jsuis impatiente !)

So...enjoy !! (En passant, n'acceptez pas de payer 2000$ pour un site !!) mais référez-vous à un bon graphiste pour votre logo...ne bricolez pas par pitié !!

Capsule web ; l'histoire complète de ma p'tite cocotte!

Vous avez été quelques-unes à me demander détails et questions suite à l’histoire brièvement racontée pendant la capsule web, Parle-moi d’ça. Avec grand plaisir et avec tout autant d’émotion, la voici plus en détails… une histoire bien personnelle et chère pour moi... Magnolia. 

Mise en adoption dès sa naissance, elle dut attendre jusqu'à ses 2 ans avant de trouver une famille pour l'accueillir. J'ai rencontré Magnolia alors que dès son arrivée, les parents avaient compris toutes les lacunes que cette petite a pu avoir au fil des mois à l’orphelinat. Elle ne supportait aucun vêtement, pas de couche, refusait d’être prise, ne dormait pas, était ultra anxieuse, tolérait très peu les bruits, le bain, les repas étaient difficiles, elle ne semblait pas démontrer d’intérêt aux échanges ou à la communication et était effrayée par les objets de la vie courante. Elle était donc évaluée et suivie en ergothérapie et venait en zoothérapie-orthophonie à ma clinique pour combler ses retards.

N'ayant été stimulée d’aucune façon, beaucoup de défis attendaient Magnolia. 

Pendant les premiers mois d'intervention, chaque semaine, elle refusait de me regarder, de participer aux jeux, de regarder les animaux présents, se tenait à l’écart dans la salle d’intervention ou sinon, sur papa et maman, assis au sol. Ses parents, attentifs et dévoués, jouaient alors avec nous, pour lui montrer qu'elle ne courait aucun danger.

Rien n'y faisait. Les premiers mois, elle refusait même de regarder les jeux ou l’animal. Malgré la participation des parents. Ensuite sont venus les coups d’oeil inquiets, mais aucune interaction, et refus catégorique lors de nos invitations.  

Avec patience et amour, constance et et bienveillance... j'ai réussi à gagner sa confiance. 

Au bout de près d’un an et demi, Magnolia arrivait en intervention en courant, elle riait aux éclats, roulait au sol avec mes partenaires d'intervention. Elle rattrapait ses retards, parlait sans cesse, faisait ses propres choix, se déguisait (vous auriez dû la voir arriver, toute fière, avec son tutu de ballet… elle ne l’enlevait plus!). Elle était devenue une petite radieuse et coquine.

 
La voici ici, en activité récompense des efforts de toute l’année, avec nos cocos de la clinique, en équitation thérapeutique!


Puis, est venu le moment de la séparation. Magnolia n'avait plus besoin de venir en intervention... J'ai réellement aimé d'amour cette petite, heureuse de la savoir où elle devait être, je ne pouvais m'empêcher de regretter son départ. 

Puis d'autres cocos ont eu besoin de mes services... et la vie continue. Puis un matin, j'ai reçu un courriel. Le cœur n’a fait qu’un tour… sa maman me donnait des nouvelles, à moi et à 2 autres ergothérapeutes qui ont évolué avec Magnolia... Presque deux ans plus tard!!! Je vous colle ici ses mots : 



Bonjour à vous toutes,

Dans quelques jours Magnolia débutera la maternelle. Depuis, les quatre dernières années, vous avez toutes permises à Magnolia de développer ses capacités, de puiser dans ses ressources personnelles et de se construire une bonne estime d'elle-même.

Certaines parmi vous ont côtoyé Magnolia alors qu'elle était anxieuse et qu'elle se méfiait des gens. 

Vous avez cru en ses capacités et lui avez donné des outils lui permettant d'aller au delà de ses obstacles. À travers vos interventions et vos connaissances, elle s’est épanouie. 

Aujourd'hui, elle intégrera le milieu scolaire avec assurance mais surtout avec le désir d'apprendre et de faire confiance à l'adulte.

Pour chacune qui recevrez ce message, nous vous remercions et souhaitons qu'il y ait encore plusieurs enfants qui puissent bénéficier de vos compétences et de votre professionnalisme.

Continuez à tendre la main à ces petits rayons de soleil qui seront notre société de demain.

Je suis encore très émue au moment de relire ce message. Ne sous-estimez jamais l'importance de chaque petit geste en intervention, l'impact que la zoothérapie peut avoir est phénoménale... Je suis très fière de vous la présenter :

Voici la grande Magnolia!

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Si vous ne l’avez pas vu passer, voici la capsule en question

Zoothérapeutiquement vôtre!

Comment micro-graduer nos objectifs d'interventions et quelques idées

Comment micro-graduer nos objectifs d'intervention et quelques idées! 

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Suite aux évaluations d'orthophonie, en ergothérapie ou de neuro-psychiatre, il nous revient de proposer la prise en charge thérapeutique en zoothérapie sur le long terme, basée sur les résultats et recommandations des autres professionnels. L'atteinte des buts sur le long terme est bien souvent assez évidente à concevoir. Cependant, micro-graduer ces grands objectifs est parfois chose moins aisée.

Je propose de vous donner quelques exemples de micro-graduation de grands objectifs, pour vous assurer que votre patient est en situation de réussite, que chaque étape respectera le niveau de difficulté attendu, que les compétences pré-requises nécessaires à l'atteinte des objectifs sont acquises, puis cela vous permettra d'amener votre patient à l'atteinte du grand objectif sélectionné. 

 

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Enfant de 4 ans et demi, objectif : augmenter le nombre de mots du vocabulaire et allonger les phrases. 

Vous devez savoir qu'un enfant de cet âge devrait (en moyenne) avoir un vocabulaire d'environ 2000 mots et en général, savoir faire des phrases à 5-6 mots.  Vous pouvez donc vous attendre à avoir devant vous un enfant dont les phrases sont plus courtes et dont les même mots sont souvent ré-utilisés, avec un nombre assez pauvre de qualificatifs. Il vous faudra d'abord valider le nombre de mots que contiennent ses phrases courantes, en spontané. 

De simples activités de routines vous permettent aisément de vérifier le tout. Aidés de support visuel, en bout de parcours (par exemple à la sortir du tunnel avec le chien), faites piger un picto dans le sac à dos du chien.

Une belle pomme rouge dans une boite bleue.

Demandez à l'enfant de vous décrire ce qu'il voit. Réponse : une pomme rouge ou une pomme et une boite.

En demandant d'ajouter plus de détails (et en donnant un exemple verbal de ce qui est attendu), ici par exemple : une pomme rouge, petite, dans une grosse boite bleue (ok, ça fait beaucoup là!). Pour chaque ajout de qualificatif, l'enfant pourra lancer la balle au chien ou ajouter le nombre de gâteries à donner selon le nombre de réponses données. Stimulante et amusante, cette méthode fonctionne très rapidement. 

Également, si la connaissance de ces mots est peut-être en cause, vous pouvez suggérer quelques réponses possibles et l'enfant choisit celle qu'il préfère. Sachez que pour cette âge, il est normal que les mots avec gr, tr, pl, cl (contraction de consonnes) soient encore difficiles. Concentrez-vous sur l'objectif qui est ici d’augmenter le vocabulaire et le nombre de mots dans les phrases. Vous devrez peut-être valider ses connaissances des concepts comme petit/grand, rond, long, les couleurs, les formes, etc. Ce sont des connaissances essentielles à acquérir avant de jouer avec elles dans des phrases. 

Autre truc qui fonctionne hyper bien : donner en visuel le nombre de réponses attendues des descriptions à faire. Je m'explique…

 

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Le picto choisi va dans l'encadré au haut du carton. Toujours mon exemple de pomme rouge dans une boite bleue. Les ronds noirs sont le nombre de réponses demandées pour la construction de la phrase. L'enfant pousse/touche chaque rond noir lorsqu'il dit les mots de sa phrase, ou encore y dépose une gâterie pour l'animal présent (ou un morceau de salade, etc). J'ai fait imprimer ce carton en hyper grand et je l’ai collé au mur ; ça rend le tout encore plus ludique et ça permet de bouger encore plus.  

En micro-graduant avec les concepts dedans/dessus, gros/petit vous vous assurez que l'enfant maîtrise bien ces notions pour les utiliser ensuite dans des phrases plus longues, et en augmentant le nombre de réponses attendues dans la phrase à construire, vous vous assurez que l'enfant augmente la longueur de ses phrases en devant utiliser plus de mots de vocabulaire. En variant les pictos, en ajoutant des images/objets inconnus, l'enfant développera de nouveaux mots. 

 

 

 

 

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Enfant avec une trisomie 21, objectifs :  motricité globale et fine

Parce que les enfants atteints d'une trisomie ont souvent de gros défis liés à la motricité globale et fine (souvent les mains et les doigts plus courts), il n'est pas rare de les voir arriver avec ces objectifs travaillés en ergothérapie. Il sera intéressant de poursuivre ces objectifs en zoothérapie. Bien que la plupart de nos interventions travaillent d'hors et déjà la motricité globale, une attention particulière devra être portée pour la trisomie 21. Reportez-vous à l'évaluation d'ergothérapie pour savoir où se situe l'enfant dans son développement, pour bien cibler ou amorcer le travail selon ses capacités actuelles et selon ce que l'ergothérapeute a jugé prioritaire au dossier. 

Il sera important de porter une grande attention à la sécurité de l'enfant, tant dans les manipulations des animaux que lors des parcours, puisqu'ils ont une diminution importante dans leur traitement sensoriel à leur environnement, ce qui peut les mettre en situations de danger ou de maladresse importantes. Gardez en tête lors de vos planifications d'intervention, que chaque activité doit inclure du sensoriel, du moteur et du développement cognitif. 

 

Parcours multi-multi

Ce n'est pas tous les zoothérapeutes qui possèdent ce genre de matériel, mais si vous désirez vous orienter vers cette clientèle, il sera nécessaire, à mon humble avis. Je vous présente quelques outils que j'intègre dans mon parcours multi-multi et leur usage. 

 

 

Coquilles d'équilibre Bilibo, les pierres de rivière, le hérisson d'équilibre, différents élastiques de résistance, différentes plaques tactiles, petits et grands tunnels avec couleurs et textures différentes, trampoline, grosse pince pour ramasser des balles ou autres objets, etc. 

 

Entre chaque étape du parcours, je demande à l'enfant (qui est aidé par des images) soit de produire ou de reproduire un son, d'imiter un mouvement, de pairer deux images qui ont un lien entre elles, de faire X nombre de sauts, plus loin, de faire des sauts sur un seul pied, ou de se faire tourner dans la coquille d'équilibre X nombre de fois.

Les grosses pinces, souvent en forme d'animaux, permettent de renforcer les muscles des mains et du pouce, et rend le transport de balles ou d'objets plus ludique. Peu importe l'animal choisi, vous trouverez comment l'intégrer dans ce genre de parcours. Je mets également parfois un court extrait de musique pendant lequel l’enfant va faire des bisous au lapin qui, pendant le temps de notre parcours au sol, fait lui aussi son parcours sur la table ou en parallèle. 

Ou parfois c'est le lapin qui, faisant son propre parcours, nous indique par quelle étape commencer. Bien entendu, vous devez avoir désensibilisé votre chien avant de lui faire faire ce genre de parcours. J'aime également intégrer quelques instruments de musique dans un bac lors d'une des étapes, et rouler des dés pour savoir combien de coups de tambour il faut donner avant de passer à la prochaine étape. X coups de tambour ; X caresses au chien pour l'encourager à poursuivre lui aussi. 

 

Lorsque vous devez graduer ce genre de parcours, pensez à commencer par une seule de ces sections, à bien présenter ce que l'objet du parcours peut offrir comme possibilités. Laissez l'enfant explorer avec l'objet également, vous pourriez être surpris de leur grande créativité. Conseil : assurez-vous que les objets tiennent bien en place, selon l'âge du petit. Ils auront tendance à voler de part et d'autres si vous ne vous en êtes pas assuré auparavant. Toujours penser à la sécurité de votre animal. 

Ensuite, lorsque les apprentissages des diverses étapes du parcours multi-multi seront acquis, il sera possible de permettre à l'enfant de choisir lui-même l'ordre du parcours, ou quelle partie il souhaite faire en activité récompense. Les tableaux de communication s'y prêtent également très bien, les ergothérapeutes ayant déjà mis les pictos de bon nombre de ce genre d'activités.  

Comme ce genre de parcours est exigeant pour l'enfant, au départ, pensez à mettre des défis que l'enfant pourra aisément réaliser entre les sections du parcours. Lorsque vous augmentez la difficulté des défis à faire, pensez à garder le parcours connu. Lorsque les défis seront plus faciles pour lui, vous pourrez augmenter la demande sensorielle et motrice du parcours. 

 

 

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Jeune, 9 ans, objectifs : organisation spatiale, consignes complexes et compétences visuelles perceptuelles

Des images de chat sont installées au mur, nous intervenons avec Mimi mon chat. Des images telles que : Mimi à la fenêtre, sur son tapis, avec son jouet de souris et avec un bébé chat toutou. Des objets connus du jeune, il les a déjà vus en intervention. 

Ces images sont grand format et collées au mur, et l’enfant, aidé d'un pointeur, devra les pointer dans l'ordre de la séquence que je lui demande. 

Les séquences/défis sont représentés comme suit, voir l'image. 

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En sautant sur le mini trampoline, il doit mémoriser la séquence visuelle demandée, retenir ce qui vient en  #1, en #2, etc. Il devra les pointer dans le bon ordre. Le chat devra écouter et taper l'image pointée. Je m'assure de gérer le clicker pour indiquer à Mimi que c'est ce que je demandais (le jeune en a déjà plein son assiette avec cela!). 

Comme ce défi représente beaucoup de travail en une exécution, pensez à le faire sans le trampoline au départ. Vous pourrez l'ajouter lorsque le jeune aura maîtrisé l'étape précédente. Également, 4 étapes, c’est très complexe… essayez avec 2 au début. Faites plusieurs mélanges d'images. 

 

Le jeune doit développer une méthode de balayage visuel pour parvenir à être efficace et ordonné dans sa recherche visuelle de réponses. Essentielle en scolaire. Développez également la discrimination visuelle. Donnez-lui une méthode simple, toujours faire un tour complet sur soi, de sorte à voir tous les murs pour s'assurer de voir toutes les images collées au mur. 

Être capable de suivre des consignes verbales complexes, pour le diriger dans son organisation spatiale, peut également être un grand défi. Si vous donnez comme consigne de pointer en séquence (comme l'image et exemple précédents), ne donnez pas de consignes verbales en plus!  Cela rendrait le défi trop difficile. C'est un défi complexe de séquence ou un défi complexe en verbal, pas les deux, ou du moins, pas au début. 

 

Pour la mémoire séquentielle, vous pouvez observer longuement les images que vous collerez au mur, les poser en ordre sur la table ou au sol, et le jeune doit les mémoriser, de sorte que si vous en retirez une, il saura s'il s'agit du chat à la fenêtre ou du chat avec son toutou. Il sera plus facile par la suite, une fois les images au mur, de mémoriser des séquences à plusieurs localités dans l'espace. Toujours penser à prendre 2-3 images au départ, pas plus.   

 

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En résumé, bien connaître les acquis nécessaires à l'accomplissement d'une tâche rendra vos interventions profitables. Vous saurez déjà ce que le jeune a besoin de savoir pour passer à l'étape suivante. Ce n'est pas acquis? Parfait! Vous savez ce sur quoi il faut plancher en premier lieu. Il n'y a pas de petites victoires. 

Également, vivez l'espace au complet, utilisez les murs, le mobilier, les dessous de table, les fenêtres pour permettre au jeune de réellement s'amuser et de comprendre totalement son environnement, ainsi que de généraliser les apprentissages, c'est la clef! 

N'oubliez pas, dans vos grands élans de créativité et d'excitation (je connais le feeling, mettons!) de toujours faire un travail en amont avec votre animal, partenaire d'intervention. La désensibilisation ne s'arrête pas à l'adolescence de votre animal, non! C'est un travail de chaque jour.  

J'en parle souvent, c'est aussi valable pour les objectifs que pour vous, les baby steps ont réponse à tout. Toujours vous demander, est-ce la plus petite étape suivante? Vous pourrez valoriser chaque victoires, les renfos auront l’effet de motiver et d’encourager votre jeune et les étapes suivantes seront vues comme positives et non plus comme un défi insurmontable. 

Bonne planification de vos objectifs, j'espère que ces quelques exemples ont pu vous être utiles! N'hésitez pas si vous bloquez sur un objectif, écrivez-moi et nous tenterons de brainstormer ensemble! 

Zoothérapeutiquement vôtre!